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Une sénatrice péroniste va saisir la justice contre l’institut d’anglais du gouvernement

Le gouvernement a décidé que la diplomatie aussi devait réviser sa grammaire : « contracter, expliquer, clarifier ». Pendant que le pays révise les verbes irréguliers, le Quai signe un contrat très régulier : 114 millions de pesos pour des cours d’anglais. Rien de plus global que d’externaliser la prononciation et la patience.

La sénatrice Juliana Di Tullio portera l’affaire devant la justice fédérale. Pas pour débattre de la différence entre “teacher” et “trainer”, mais pour demander pourquoi la salle de classe semble, par coïncidence, installée dans le salon familial du ministre. Dans le nouveau manuel d’éthique publique, la proximité ne chauffe pas les bancs : elle les réserve.

Le contrat a été attribué pour « spécialité ». Une spécialité curieuse : parler anglais et avoir la ligne directe avec le cabinet. Dans un pays riche en instituts et pauvre en appels d’offres compétitifs, la « spécialité » ressemble à un art martial administratif.

Le dossier a déclenché la « procédure d’intégrité ». L’intégrité, comme le subjonctif, apparaît quand la réalité ne suffit pas. Les organismes de contrôle sont entrés en scène pour certifier que les liens familiaux ne malmènent pas les consonnes.

Le ministère rappelle qu’il travaille avec la même entité depuis 2018. Tradition institutionnelle : on hérite des fauteuils, des fournisseurs et de l’habitude de conjuguer le present perfect avec les mêmes noms de famille.

Le porte-parole nie toute irrégularité. Traduction simultanée : pas de faute, seulement une coïncidence à accent familial. Dans la diplomatie des démentis, le doute arrive toujours sous-titré.

Les documents indiquent que la proposition a été rédigée par la directrice de l’institution, également épouse du ministre. Détail de style : l’amour rédige aussi des appels d’offres. Le romantisme n’est pas à l’organigramme, mais circule dans les couloirs.

Neuf mois de contrat, renouvelables. Une grossesse de formations. Si la transparence grandit bien, il y aura des baby showers de communiqués et des baptêmes de résolutions.

La défense est de manuel : légal, audité, publié. Le problème, c’est que la transparence n’est pas un lien : c’est une habitude. Et les habitudes, quand elles sont familiales, se perdent difficilement.

Di Tullio promet les tribunaux. Le gouvernement promet des procédures. Entre les deux, le contribuable promet de ne pas rire quand on lui explique que l’éthique n’est qu’une question de bonne prononciation.

Au final, l’État apprend l’anglais ; les citoyens apprennent la patience ; et la politique, comme toujours, passe un oral devant le miroir : elle conjugue l’« intégrité » au futur, échoue au présent et fait appel au gérondif.

✍️ © Le Traducteur du Pouvoir | 2026


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